Le petit éditeur indépendant va tout de suite se confronter à son ami de toujours, chez qui il passe depuis tout petit la plupart de son temps libre, le libraire de bande dessinée. Ben, il va pas être déçu le coco…

Au commencement des Éditions Lapin, avec l'aide de mes actionnaires chéris, nous avons écumé les librairies pour voir comment diffuser les livres lapin. Notre premier livre en poche, nous avons la joie de nous faire (ça dépend des libraires, hein) joyeusement jeter ou ignorer. « Ça de la BD ? Pffff… Je vous prend deux exemplaires en dépôt-vente » dit un libraire lyonnais indépendant à ma graphiste (qui refuse depuis de parler aux libraires). Les deux exemplaires en question n'ont pas été exposés, mais vite mis en rayons et oubliés. Trois mois plus tard, oh surprise, le livre lapin n'avait pas été vendu ! Pourtant, il était soigneusement dissimulé dans les rayons…


Après trois expérience du même acabit, on a laissé tomber. Pourquoi se fatiguer ? Le livre lapin se vend très bien sur internet et rapporte à l'éditeur cinq fois plus de cette façon !

« Oui, mais sur internet, là où personne ne peut le voir ? Mais ce n'est pas comme une librairie, où on peut toucher les livres ! » me dit un passant révolté. Ben, cher passant, dans les librairies non plus, tu ne peux pas les toucher, les livres, puisqu'ils n'y sont pas, ou si mal exposés… Ce n'est pas forcément la faute du libraire (en tout cas, ça vaudrait le coup d'en discuter). Et sais-tu, ami passant, que sur le portail Lapin, 250.000 personnes par mois passent devant la couverture des livres en annonce ? Que c'est 1 million 200.000 pages qui sont vues chaque mois sur lapin ?
- 19.000 personnes sont allé voir et feuilleter le petit livre des citations ;
- 14.000 personnes sont allé voir et feuilleter plus fort que le fromage ;
- 8.000 personnes sont allé voir et feuilleter lapin 1, je suis un lapin.

Les ventes suivent, en fonction de l'attrait et/ou de la qualité des livres, mais pour avoir discuté avec un membre de L'Association, je peux dire que nos ventes n'ont rien à envier à quelque indépendant que ce soit, au contraire. Sur lapin.org, les livres ont plus qu'une chance, ils ont une vraie exposition, une vraie chance de toucher leur public, ils sont mis en avant, et qu'ils marchent ou pas, ils seront défendus jusqu'à la mort –parce que ça, c'est notre devoir d'éditeur.

Alors, il ne faut pas généraliser. Certaines librairies se démarquent du lot, et je les ai citées dans l'article précédent. Soit parce qu'à l'occasion d'un article dans un journal sur les livres lapin, on le leur demande (merci à Alice et Catherine du Furet du Nord). Soit parce qu'ils se sont marrés en feuilletant le livre lors d'un festival de bande dessinée (merci à Michel de la Librairie Goscinny). Soit parce qu'un lapin leur a tellement vanté nos mérites qu'ils ont été forcés de craquer (merci à Medhi de Mots et Cie).

Alors quand un libraire nous appelle, je me fais un plaisir de lui répondre, on négocie les conditions, on s'arrange. Je veux bien que mes livres soient en librairie, mais pas en dépôt-vente (puisqu'en deux ans, le dépôt-vente ne nous a pas rapporté ni un rond ni une vente). Je suis heureux que des libraires choisissent de défendre et d'exposer mes livres. J'ai passé toute ma vie fourré dans des librairies, et j'aurais aimé que les livres lapin y soient, mais pas pour rien, pas à n'importe quelle condition.

En conclusion, ami libraire, n'hésite pas à me contacter. Tu ne trouveras chez lapin que des gens adorables !