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Les Éditions Lapinl'actualité, les livres, les bandes dessinées, les humeurs des éditions Lapin

l'actualité, les livres, les bandes dessinées, les humeurs des éditions Lapin

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27 03 2010

l'appel du numérique

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La "révolution numérique" du livre de bande dessinée se passe ici et maintenant... dans la confusion, à marche forcée et sans les auteurs.

Prenons une question simple, en apparence. "Diffuser une bande dessinée sur un téléphone portable, ou sur un écran d'ordinateur, est-ce que c'est diffuser l'oeuvre originale... son adaptation… une oeuvre dérivée ?". Rien que sur cette question, aucun des acteurs du livre ne donne la même réponse, car elle cache des enjeux importants sur le plan du droit moral comme sur le plan financier.

Si le livre de bande dessinée numérique est une adaptation du livre (parce qu'on modifie l'organisation des cases, le format, le sens de lecture, qu'on y associe de la publicité) l'auteur devrait avoir un bon à tirer à donner, au cas par cas. Si le livre de bande dessinée numérique est le résultat d'une cession de droits dérivés, alors 50 % des sommes collectées devraient revenir aux auteurs... mais pas forcément après paiement d'intermédiaires, qui font parfois partie des même sociétés que les maisons d'édition...

En revanche, si le livre numérique est un livre "comme les autres" comme l'affirment les éditeurs, il semble que cela soit surtout pour "justifier" que les rémunérations versées aux auteurs soient "alignées" sur le pourcentage habituel de droit d'auteur: soit entre 8 et 12 % du prix de vente HT... Or, si le livre numérique est vendu deux foins moins cher que son équivalent papier, si la TVA appliquée est preque 4 fois plus élevée que la TVA du livre papier.... Mécaniquement cela entraine une baisse d'environ 50% de la rémunération à revenir aux auteurs de BD: on peut légitimement se demander si les éditeurs prévoient eux aussi de voir leurs bénéfices divisés par deux ou si les auteurs servent de variable d'ajustement.

Dans tous les cas évoqués ci-dessus, rien ne se fait dans la transparence. Comment et sur quoi seront rémunérés les auteurs ? De quoi vont-ils vivre ? Quels seront les circuits et systèmes d'exploitation des BD et les vrais commerçants du marché numérique qui reste à construire ? Mystère et boule de gomme...

Ne nous méprenons pas. Nous nous réjouissons de voir nos éditeurs se lancer enfin sérieusement dans la révolution numérique. Mais nous déplorons que les initiatives éditoriales partent dans tous les sens, nous imposent leur cadre, au lieu d'un débat organisé au sein de la profession pour dégager des usages et chercher un consensus entre tous les partenaires, auteurs inclus. Dans les faits, chaque éditeur essaie dans son coin de faire avaler la pilule à ses auteurs...

De fait, le livre numérique, qui n'existerait pas sans nos créations, sans laquelle tout ce "marché en devenir" ne serait rien, se construit sans que personne n'envisage de nous demander notre avis.

Les éditeurs ont visiblement décidé d'imposer leurs choix aux auteurs dont il semble que personne n'envisage qu'ils puissent avoir un avis sur des sujets aussi rébarbatifs que la TVA, le prix unique du livre, la répartition des coûts, leur niveau de rémunération, leur moyen d'existence et de vivre autrement que d'amour et d'eau fraîche...

Nous allons donc le dire clairement.

Nous sommes las de nous entendre dire "mais enfin vous pourriez nous faire confiance !".

Nous voulons être associés de très près à ce qui sera peut-être demain le moyen de diffusion principal de nos oeuvres et dont tous, aujourd'hui, ignorent quelle forme il aura.

Nous voulons des réponses à nos questions.

Pourquoi devrions nous céder nos droits numériques jusqu'à 70 ans après notre mort alors qu'on ne sait même pas quelle forme aura cette exploitation numérique l'année prochaine et qui la fera le mois prochain ?

Pourquoi doit-on même tout simplement céder ses droits numériques à notre éditeur sous peine de le voir refuser de signer notre contrat d'édition papier ? Alors qu'il ne peut ni nous garantir en contrepartie la façon précise dont il va exploiter ces droits, ni les rémunérations que nous pourrons en tirer...

Pourquoi les rémunérations prévues pour les auteurs sont au bout du compte sans doute au moins deux fois plus basses que dans le livre papier ? Qu'est-ce qui justifie tel ou tel pourcentage de droits proposés aux auteurs, hormis le fait que c'est ce qui arrange le business plan des éditeurs ? Estce que les éditeurs vont gagner deux fois moins d'argent ? Est-ce que le travail des auteurs de BD numériques sera deux fois moindre ?

Pour toutes ces questions laissées jusqu'à maintenant sans aucune réponse, nous voulons la mise en place d'un groupe de travail représentant éditeurs et auteurs sous l'égide du ministère de la Culture pour surveiller et étudier l'évolution du marché du livre de bande dessinée numérique, qui puisse identifier les bonnes pratiques, repérer et favoriser des usages équitables, être le garant que l'évolution des techniques soit garantie par une évolution des termes des contrats de cession, que les rémunérations restent proportionnelles au succès de la diffusion et de la consommation de nos oeuvres, que celles-ci soient adaptées au support de diffusions, à leur évolution, à l'interopérabilité des matériels permettant d'y accéder, etc, etc...

Nous voulons que la cession des droits numériques fasse l'objet d'un contrat distinct du contrat d'édition principal, limité dans le temps, ou adaptable et renégociable au fur et à mesure de l'évolution des modes de diffusion numérique.

Nous voulons que toute adaptation numérique de nos bande dessinées soit soumise à notre validation et être co signataires de toute cession à un tiers de ces droits numériques.

D'ici là, faute de la moindre concertation, alors que les éditeurs organisent tranquillement un marché aux formes qui leurs seraient les plus profitables et confortables, nous refusons d'autoriser l'exploitation de nos oeuvres dans leur format numérique et nous appelons tous les auteurs de bande dessinée et du livre en général à faire de même. Gardons nos droits pour faire entendre notre voix.

Le comité de pilotage du GABD

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12 12 2009

si j'avais une librairie...

101 uses of a dead cat Il y a quelques années de ça, je ne saurais pas dire quand exactement, je passais tous les jours dans mes magasins de bandes dessinées préférés pour regarder tout ce qui était sorti depuis la veille, les arrivages, les curiosités, etc. Souvent, j'étais déçu par l'absence de nouveautés (forcément, j'étais là tous les jours, et j'étais souvent déçu) Je feuilletais tout, des classiques aux indépendants (oui, ça existait encore à l'époque), j'attendais avec impatience telle ou telle nouveauté annoncée, je bondissais de joie à l'arrivée d'un nouveau Thorgal ou d'un album de Manara (je l'ai déjà dit, c'était y'a longtemps), je feuilletais les bonnes pages et je rentrais à ma maison les bras chargés au-delà de toute raison.

Quelques années plus tard, il m'arrive, oh hérésie, de passer devant une librairie de bandes dessinées sans même rentrer dedans ! Quand je parcours les rayons BD de la FNAC, c'est un tel bordel que je n'y retrouve plus mes petits, et pourtant, ce n'est pas une question de surproduction, loin de là. Au contraire, au vu de la production actuelle, je devrais pouvoir n'acheter que des bandes dessinées qui me plaisent beaucoup à énormément.

Ben oui. Par exemple, moi mon truc, c'est les bandes dessinées bizarres et humoristiques, les histoires complètement barrées, des personnages improbables ! j'aime aussi les superhéros et les bandes dessinées reportage. Avec les multiples éditeurs contemporains petits et grands, l'offre existante dans ces domaines qui me passionnent est énorme, je devrais donc être un homme heureux ! Hélas, trois fois hélas, je ne trouve jamais ce que je cherche. Déjà, le rayon « indépendants », il a une sale gueule. Y'a de tout et de rien, pas une collection complète, un mélange sans queue ni tête et un classement incompréhensible, des maisons d'édition hétéroclites, Le Seuil et Casterman, indépendants ? Heu... Alors si, le dernier Lanfeust, je peux le trouver, le dernier XIII aussi. Le dernier Blain ? Pas toujours. Et alors, si je veux la collection des trois Gus, ben... C'est une demande extravagante ? Ben non. On peut le commander ? Ah. Tant qu'à commander, autant le faire sur Amazon, non ? Même du moins « extravagant », y'a plus. La collection des Blueberry ? Il en manque la moitié. Les Captain biceps ? Y'en a plus. Damn. Je voudrais acheter un livre paru y'a six mois comme cadeau de Noël, parce que je trouve que c'est un des meilleurs de l'année ? Un livre d'il y a six mois ? Si j'ai de la chance...

Krazy Kat, chez Fantagraphic books

Et même, dans les nouveautés : il m'arrive de plus en plus de ne pas trouver telle ou telle nouveauté que j'avais repérée sur internet et que je sais être sortie, et que j'aurais pu commander en deux clics. Mais bon, je suis de la vieille école, on achète ses bandes dessinées dans un magasin de bandes dessinées parce que je l'ai toujours fait, mais pourquoi un p'tit jeune se prendrait-il la tête à aller vérifier que c'est pas disponible en magasin avant de cliquer ?

Voilà, je n'éprouve plus le même plaisir à entre dans une librairie de bande dessinée. Mais encore ? Certes, il n'est plus possible d'avoir TOUTE l'actualité, qu'on soit la FNAC, le Furêt ou BD Fugue, ça rentre pas. Dans tous les cas, rien n'empêche de garder deux piles de blockbuster près des caisses pour faire rentrer de l'argent. Ensuite, avoir une collection de bric et de broc toute dispersée, sans cohérence, ni rien, que va retenir le chaland en sortant ? Que c'était le bordel, mais qu'à la différence des magasins d'occasions, c'était au prix du neuf ! Donc, il faut choisir ce qu'on peut vendre. Trouver une identité. Non, pas « manga  » ou « comics  » ou « franco-belge », une VRAIE identité. Les mangas ne se ressemblent pas plus entre eux que les comics ou les « indépendants ». Alors ?

Gone with the blastwave

Si je devais monter une librairie, elle serait spécialisée en humours noir et absurde. Pas le gros nez, pas le rand public, juste le noir et l'absurde, et encore, je n'aurais probablement pas assez de place pour les deux. Je serais localisé dans une grande ville (Lille ?) et j'aurais une boutique en ligne (évidemment). J'aurais fait des recherches actives auprès de tous les éditeurs, j'aurais pourri la vie des représentants pour obtenir exactement ce que MOI je veux. J'aurais les collections, et le fonds qui va avec. J'aurais des introuvables, et une section version originale. En VO, je serais un peu distributeur sur les bords, pour que les gens puissent découvrir les trésors de Krazy Kat en VO, ou xkcd ou Gone with the Blastwave. J'aurais les Wulfmorgenhalter en neerlandais. J'aurais retrouvé les 101 Uses of a Dead Cat et tant d'autres, et surtout, j'en découvrirais tous les jours. Je toucherais peu de clients dans ma ville, mais un peu quand même. Je compenserais avec mes ventes par internet. Comme je serais le seul, ou un des seuls dans cette catégorie, j'acquerrais vite une certaine notoriété, et les ventes qui vont avec, d'autant plus que je ne facturerai pas ou peu de frais de port (c'est juste que quand moi, je commande en ligne, je déteste ça, les frais de port, alors). Ça équilibrera la fameuse remise de 5% que je ne ferais pas.

dinosaur comics, by ryan North

La théorie de la longue traine (the Long Tail ) constate que la demande totale pour les articles peu demandés dépasse la demande totale des articles très demandés. Un magasin thématique raisonne sur une petite partie de cette longue traine, mais à l'échelle de l'internet francophone voire anglophone (tant qu'à faire), donc d'un marché global énorme. Oui, il y a de la demande pour l'humour absurde. Pour l'autobiographie. Pour le policier. Pour la science fiction. Et même pour l'Héroïc Fantasy. Et la bande dessinée politique. Celle qui touche à la religion ou aux croyances (quoique celle-là, faudrait faire gaffe). Ou l'humour gros-nez. Ou la bande dessinée destinée aux enfants (où il ne manquerait pas depuis six mois le tome 2 de Ragnarock). Ou la bande dessinée écologique ! Ou la bande dessinée érotique, etc.

Et qui sait. Peut-être que dans ces librairies-là, on retrouverait le plaisir de fl ner, de feuilleter, de guetter les (plus rares) nouveautés. On pourrait accéder à un vrai fond ! Parce que le temps où les gens se disent, vite, je vais acheter n'importe quelle bande dessinée pour ma nièce qui est à l'hôpital, oh, je vais prendre celle-là avec les chiens qui ont des gros nez, c'est rigolo les chiens avec des gros nez, les enfants, ils aiment ça, ce n'est pas sûr qu'il dure encore longtemps. Parce que si c'est pour ça, autant l'acheter à Auchan en même temps que les fleurs.

Et surtout, parce que la nièce a déjà commandé sur Amazon tous les Rubrique-à-Brac de son lit d'hôpital avec son téléphone portable !

13 04 2008

Librairie or not librairie ?

Le petit éditeur indépendant va tout de suite se confronter à son ami de toujours, chez qui il passe depuis tout petit la plupart de son temps libre, le libraire de bande dessinée. Ben, il va pas être déçu le coco…

Au commencement des Éditions Lapin, avec l'aide de mes actionnaires chéris, nous avons écumé les librairies pour voir comment diffuser les livres lapin. Notre premier livre en poche, nous avons la joie de nous faire (ça dépend des libraires, hein) joyeusement jeter ou ignorer. « Ça de la BD ? Pffff… Je vous prend deux exemplaires en dépôt-vente » dit un libraire lyonnais indépendant à ma graphiste (qui refuse depuis de parler aux libraires). Les deux exemplaires en question n'ont pas été exposés, mais vite mis en rayons et oubliés. Trois mois plus tard, oh surprise, le livre lapin n'avait pas été vendu ! Pourtant, il était soigneusement dissimulé dans les rayons…


Après trois expérience du même acabit, on a laissé tomber. Pourquoi se fatiguer ? Le livre lapin se vend très bien sur internet et rapporte à l'éditeur cinq fois plus de cette façon !

« Oui, mais sur internet, là où personne ne peut le voir ? Mais ce n'est pas comme une librairie, où on peut toucher les livres ! » me dit un passant révolté. Ben, cher passant, dans les librairies non plus, tu ne peux pas les toucher, les livres, puisqu'ils n'y sont pas, ou si mal exposés… Ce n'est pas forcément la faute du libraire (en tout cas, ça vaudrait le coup d'en discuter). Et sais-tu, ami passant, que sur le portail Lapin, 250.000 personnes par mois passent devant la couverture des livres en annonce ? Que c'est 1 million 200.000 pages qui sont vues chaque mois sur lapin ?
- 19.000 personnes sont allé voir et feuilleter le petit livre des citations ;
- 14.000 personnes sont allé voir et feuilleter plus fort que le fromage ;
- 8.000 personnes sont allé voir et feuilleter lapin 1, je suis un lapin.

Les ventes suivent, en fonction de l'attrait et/ou de la qualité des livres, mais pour avoir discuté avec un membre de L'Association, je peux dire que nos ventes n'ont rien à envier à quelque indépendant que ce soit, au contraire. Sur lapin.org, les livres ont plus qu'une chance, ils ont une vraie exposition, une vraie chance de toucher leur public, ils sont mis en avant, et qu'ils marchent ou pas, ils seront défendus jusqu'à la mort –parce que ça, c'est notre devoir d'éditeur.

Alors, il ne faut pas généraliser. Certaines librairies se démarquent du lot, et je les ai citées dans l'article précédent. Soit parce qu'à l'occasion d'un article dans un journal sur les livres lapin, on le leur demande (merci à Alice et Catherine du Furet du Nord). Soit parce qu'ils se sont marrés en feuilletant le livre lors d'un festival de bande dessinée (merci à Michel de la Librairie Goscinny). Soit parce qu'un lapin leur a tellement vanté nos mérites qu'ils ont été forcés de craquer (merci à Medhi de Mots et Cie).

Alors quand un libraire nous appelle, je me fais un plaisir de lui répondre, on négocie les conditions, on s'arrange. Je veux bien que mes livres soient en librairie, mais pas en dépôt-vente (puisqu'en deux ans, le dépôt-vente ne nous a pas rapporté ni un rond ni une vente). Je suis heureux que des libraires choisissent de défendre et d'exposer mes livres. J'ai passé toute ma vie fourré dans des librairies, et j'aurais aimé que les livres lapin y soient, mais pas pour rien, pas à n'importe quelle condition.

En conclusion, ami libraire, n'hésite pas à me contacter. Tu ne trouveras chez lapin que des gens adorables !

13 04 2008

Les libraires qui distribuent et vendent du lapin

Fred et Damien d'Astrocity nous ont défendu dès le début, ils nous invitent à tous les festivals, tentent un peu de nous distribuer, et on les aime très fort. En plus, ils ont une nouvelle boutique.
Astrocity
74, rue de l'hôpital militaire à Lille
Tél. : 03.20.55.10.10
Fax : 03.20.55.28.38
site web : http://www.astrocity.fr/

Michel Lebailly de la Librairie Goscinny a une vraie politique de libraire, une superbe librairie, et lapin y fait régulièrement des dédicaces. C'est aussi la seule librairie au monde à posséder TOUS les livres lapin !
Librairie Goscinny
5 bis rue René Goscinny près de la grosse bibliothèque, là.
Tél. : 01 53 60 42 43
Site web : http://www.librairiegoscinny.com/

Rémi est un fan d'Ultimex qui accueille aussi d'autres lapins,
Librairie Le caniveau
28 rue la Condamine
75017 Paris
Tél :01 42 93 51 78

12 08 2007

l'interview de Marguerite, 2006

Une interview donnée en juillet 2006 à Marguerite qui tient un petit forum littéraire.

Quelle était votre première motivation lorsque vous avez commencé cette aventure : chercher à vous faire connaître pour être un jour publié ?

Non, ce fut beaucoup plus simple. Je cherchais depuis longtemps comment raconter des histoires en bande dessinée, et un jour, je me suis dit que la première étape serait de construire des personnages. J'ai ensuite photographié lesdits personnages, avec pour objectif d'envoyer cela pour s'amuser à des collègues et des copains par mail. Je voulais faire mieux que de juste forwarder les bêtises des autres. A l'époque, il n'y avait pas de site lapin, rien du tout, juste une vague mailing liste. Etre publié n'était même pas concevable en ces temps reculés.

Comment vous expliquez que les gens soient venus à vous en tant que lecteur ou bien participant? le talent seulement ou bien toutes les idées qui sont venues au fur et à mesure que vous construisiez la démarche ?

Le talent, juste le talent. C'est ça, le talent. Ca ne peut-être que le talent. Sinon, je ne saurais pas dire. Beaucoup (énormément) de bouche à oreille. J'ai accumulé les nouveaux inscrits dans la mailing liste, puis j'ai dû faire un site pour y mettre les archives car j'en avais marre de les renvoyer tout le temps à chaque nouvel abonné. Puis je me suis mis à traduire WhiteNinja et Elftor. Kouin le canard est arrivé, suivi par Maximi le Clown, et ça a fait boule de neige. Les gens ne viennent donc pas que pour lapin, les clés d'entrée sont multiples. Google a beaucoup aidé, puisque plusieurs milliers de visiteurs tombent via Google sur Lapin tous les jours. Et certains restent.

Pour être très franc, il n'y a pas vraiment eu de démarche consciente. Et lorsque j'en tentais une, la réalité la bouleversait constamment.

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12 08 2007

interview pour Parano, 2006

Une vieille interview donnée en 2006 pour le site parano.be.

Peux-tu nous parler de toi ? qui es tu ? ton métier ? tes passions ?

Mon nom est Phiip, mon prénom, c'est the only Phiip. Mon métier que je fais pour gagner des sous consiste à organiser des réunions, crier sur des gens, écrire des courriers et rentrer dans mon bureau pour aller sur internet. Accessoirement, je m'occupe des routes, des places, des espaces publics, des rond-points sur Lille et ses environs.

Ma passion, c'est de collectionner des photos porn… heu, la bande dessinée. C'est ça, la bande dessinée, hahaha. Et pas que les BD de cul, non madame, d'autres aussi, vachement plus intellectuelles comme comme… ça va me revenir… le truc avec la souris qui parle, là… et le chat…

Parle-nous des difficultés pour être publié

On ne peut pas parler à proprement parler de difficultés. Je n'ai démarché qu'un éditeur, auprès duquel je n'ai pas vraiment insisté. Je pense que très vite, l'envie de faire ça moi-même a pris le dessus sur le reste. J'avais besoin de maîtriser le processus de fabrication du livre lapin, d'y être impliqué, de gérer moi-même les difficultés techniques et autres, et Dieu sait s'il y en a eu.

Dieu : je confirme.

Avec l'éditeur en question, nous avons eu une longue discussion, très intéressante, qui m'a permis de voir comment eux travaillaient, et qui m'a surtout montré que tout n'a pas à être parfait du premier coup, et qui m'a convaincu que je pouvais le faire.

Ensuite, une autre partie du concept est de s'affranchir des distributeurs et diffuseurs traditionnels. Comme le portail lapin voit 5000 personnes tous les jours, j'ai un trafic suffisant pour pouvoir raisonnablement penser atteindre mon objectif, qui est de vendre 550 exemplaires en un an. Là, j'en suis à 290.

Donc d'ici un an, on lance le tome deux de lapin. Entre-temps, j'aurais publié d'autres trucs, mais plus simples, en noir et blanc.

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12 08 2007

Interview pour Adrien - le 21 juillet 2007

Quel est le principe de Lapin.org ?

Son principe est de proposer du contenu humoristique gratuitement aux internaute. Lapin a d'abord été conçu pour contrebalancer les multiples sites d'humour clonés proposant toujours les mêmes PPS vidéos rigolotes et photos présentées partout. Lapin explore les webcomics évidemment, mais aussi l'écriture avec le Zine, et j'aime bien notre encyclopédie.

Ce qui lie (tant bien que mal) tous les morceaux de lapin, c'est l'humour absurde.

Depuis combien de temps le site Lapin.org existe-t-il ?

Depuis le 15 septembre 2001. Au début, il ne servait qu'à archiver les vieux épisodes de lapin, et puis je me suis mis à traduire Elftor et Ninja Blanc, Puyo m'a rejoint, puis Polito, Yourt, et ça a fait boule de neige.

Comment avez-vous eu l'idée de publier des bandes dessinées sur Internet ?

Par hasard. Le site lapin devait juste être un site d'archivage. Et puis je me suis très vite pris au jeu, j'ai créé des pages bizarres, des couleurs criardes (voilà pour la charte graphique), et j'ai mutualisé tout ce que j'ai pu. Il n'y avait pas de plan, pas de projet, rien au départ.

Les premiers lapins étaient envoyés à une liste de copains par email, puis les copains faisaient suivre, d'autres arrivaient sur la liste, et à chaque fois ils me demandaient les premiers épisodes.

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12 05 2007

Une profession de foi*

Je me souviens d'une époque joyeuse, où la bande dessinée fleurissait à partir de n'importe quel bout de papier. Gotlib, Mandrika et Brétécher fondaient l'Écho des Savanes, et puis Gotlib créa Fluide Glacial. Idioties, bandes dessinées idiotes avec des bites partout et photomontages fleurissaient. De jeunes auteurs s'essayaient à tout et n'importe quoi, avant d'en faire leur métier, ou pas.

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